On a vu « Beauséjour » de la cie Käfig au festival Aqui
A l’ombre bienveillante du moulin de Jérusalem et face au Luberon baigné des dernières lueurs chaudes du soleil couchant, le chorégraphe Mourad Merzouki a offert au festival Aqui une parenthèse enchantée. Il a présenté un extrait en plein air de sa création Beauséjour, un dialogue poétique et virtuose entre le poids des années et la fougue du hip-hop.
Quand la vieillesse s’invite sur le plateau, elle ne vient pas pour s’immobiliser, mais pour danser. Dans cet extrait présenté au festival Aqui, Mourad Merzouki contourne les stéréotypes du temps qui passe avec une vitalité déconcertante. Sur scène, six interprètes hors pair incarnent cette métamorphose avec une énergie foudroyante.
Habillés de gestes parfois hésitants qui se muent soudain en prouesses acrobatiques, les corps se courbent, résistent, puis s’envolent dans un rythme effréné. Le groupe insuffle une humanité vibrante à chaque mouvement, oscillant entre l’apesanteur de la jeunesse et la mémoire des gestes anciens.
Fidèle à sa signature, le chorégraphe lyonnais mêle avec brio la culture hip-hop à une écriture contemporaine exigeante. La musique, fluide et envoûtante, accompagne ce voyage où le corps devient le seul récitant. En quelques tableaux d’une précision chirurgicale, Beauséjour transforme la fragilité en une force collective lumineuse.
Un tonnerre d’applaudissements mérités est venu saluer cette performance d’une rare générosité, confirmant que pour Mourad Merzouki, la danse reste le plus puissant des élixirs de jeunesse.
Photos Patrick Denis